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Sharkfoot Sébastien Roth : « L’esprit de compétition, c’est mon ADN »
Le gardien d’étoile-Carouge (33 ans)
est une figure connue et reconnue depuis une bonne dizaine d’années.
Avant les deux dernières rencontres de Challenge League, il s’est confié
sur sa saison et celle de ses partenaires, avec sa franchise
habituelle.
Sébastien Roth ne pourra malheureusement garder les buts carougeois lors des deux derniers matchs (Oneclick-photo)
Sébastien, tu es sorti prématurément à Chiasso. Ta saison est terminée ?
Malheureusement, oui. J’ai une déchirure derrière la cuisse, nécessitant
4 à 6 semaines de repos. C’est rageant, surtout dans cette fin de
saison au couteau.
C’est quand même rarissime une telle blessure pour un gardien vu les distances que vous parcourez…
(Rires) En fait, j’allais faire un dégagement. Pour résumer, ma
jambe d’appui était en extension et l’attaquant m’a chassé le pied
d’appui. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire (rires). J’avais eu une petite élongation à l’adducteur aussi cette saison, mais rien de grave.
Ton remplaçant, Osni Mutombo (19 ans), a assuré l’intérim sans souci. On imagine que tu dois jouer un rôle de mentor pour lui…
Osni, je le connais depuis quelques années. Je l’entraînais quand il
était en M14 à Servette. Il a énormément progressé cette saison, en
répondant présent quand on a fait appel à lui. Je ne me fais aucun souci
pour lui sur ces deux derniers matchs. Ce n’est pas comme s’il devait
assurer toute une saison, où ce n’est jamais évident pour un jeune
gardien. Je ne vais pas le bombarder de conseils. Mais s’il a besoin de
quoi que ce soit, il peut compter sur moi.
Comment le décris-tu ?
Il n’a pas peur de sortir déjà. Il est explosif et a franchi un cap dans
la concentration. Il donne l’impression d’être un peu « facile »
parfois, notamment quand il était jeune. Mais je retiens surtout ses
progrès et la marge de progression qu’il a encore. S’il travaille
sérieusement, il aura un bel avenir.
Vu que tu es désormais out, viens-tu quand même aux entraînements pour booster le groupe ou préfères-tu prendre du recul ?
Lundi, je suis venu les voir suer (rires). La veille du match
contre Brühl, je serai là pour les motiver. Comme pour le match. Je ne
veux pas être trop présent. Ils sont grands, ils savent l’importance de
cette fin de saison. Bien sûr, avec mon expérience et l’attachement que
j’ai pour Carouge, je serai là, à leur côté. Mais je ne veux pas me
substituer au rôle d’entraîneur.
Pour revenir sur ta saison, es-tu satisfait de tes performances ? Tu as évité quelques déculottés…
Si on descend, ce sera un échec. Surtout quand je vois la qualité du
groupe. Le plus rageant dans l’histoire, c’est qu’on serait maintenu
depuis des lustres sans cette réforme. ça fout encore plus les boules.
Pour en revenir à moi, je suis assez content. Je pense avoir été
régulier, même si je regrette quelques buts encaissés. Je suis un
compétiteur, c’est mon ADN, ce qui fait de moi un éternel insatisfait.
« Des expulsions inexcusables et inadmissibles »
Du fond de ta cage, comprends-tu l’irrégularité de ce groupe ? Vous avez totalement lâché des matchs, contre Vaduz (0-4) et Locarno (1-5) par exemple, ce qui est incompréhensible vu la qualité de l’effectif…
Surtout quand tu joues le maintien ! Ce qu’on a oublié, c’est qu’on
débute un match à 0-0. O.K., on peut avoir fait de bonnes performances
avant, mais il faut sans cesse se remettre en question. Dans un sens, le
manque d’expérience explique ces oublis, cette exigence à parfaire. Je
n’oublie pas qu’on a un effectif jeune, avec certains qui proviennent de
2e Ligue. Puis ce sont des bons gars, donc je ne leur jette pas la
pierre, au contraire. Même si, franchement, les matchs contre Vaduz et
Locarno m’ont mis en rogne. On n’avait pas le droit de lâcher de la
sorte.
De l’extérieur, votre deuxième tour est bien plus poussif,
avec de l’énervement et toujours une flopée de cartons. Est-ce une
fausse impression ?
(Il coupe) Non, tu as raison. Après, on est rentré dans une
logique de survie, où chaque point est nécessaire. On ne pouvait pas
forcément partir à l’abordage comme au premier tour, avec cette envie de
jouer et de jouer. On est clairement plus défensif, c’est certain.
Peut-être aussi que les équipes du premier tour nous ont pris de haut et
ont étudié notre jeu. Quand des mecs comme Delley ou Valente font des
différences à l’aller, ils préparent un plan pour les contrer au retour.
On n’a plus la même réussite sur phase arrêtée également. Quant à
l’énervement….C’est inexcusable et inadmissible. Que tu prennes un
carton pour un tacle mal maîtrisé ou pour avoir exprimé ta frustration à
l’arbitre une fois, je comprends, ça m’arrive même (rires). Mais pour un geste de vengeance, n’apportant rien et pénalisant tes coéquipiers pour ce match et les suivants, je dis non.
Pour ces deux derniers matchs, il est peut-être justement
temps de lâcher les chevaux, surtout contre Brühl, qui s’est bien
amélioré défensivement…
Il faudra leur mettre le feu ! Bien sûr, ce sera très compliqué de se
sauver, on le sait. Wohlen est en forme, même s’ils vont à Bellinzone
lors du dernier match, tandis que Nyon a un calendrier plus avantageux.
Nous, j’ai presque envie de dire que Brühl sera plus compliqué que
Chiasso. Déjà, on a une fausse image de Brühl. Kriens, par exemple, est
bien plus faible, même s’ils sont devant. Mais surtout, la plupart des
joueurs sont en concurrence pour l’année prochaine afin de conserver
leur place. Ils ont beaucoup plus de motivation et de raison à se
surpasser qu’une équipe n’ayant plus rien à jouer comme Chiasso.
J’espère qu’on aura du monde au stade et que les gars vont jouer leur
jeu, sans se prendre la tête. On a encore une chance de se maintenir.
Faisons-nous plaisir, jouons au football ! Pas tout le monde n’aura
l’opportunité de jouer en Challenge League, il faut en profiter.
Tu as l’air quand même enthousiaste et heureux dans ce groupe malgré ta blessure et cette fin de saison difficile…
Je me sens très bien, même si j’aimerais être sur le terrain. On a un
super groupe. Dès qu’on fait une bouffe, tout le monde vient. Pareil
pour les apéros d’anniversaire où on se marre bien. On a un état
d’esprit incroyable, une vie sociale qui dépasse le terrain. Je n’ai pas
connu ça de partout, laisse-moi te le dire (rires).
En parlant d’ailleurs, as-tu déjà réfléchi à ton avenir ? Tu
disais tout à l’heure que certains n’auront plus l’opportunité de jouer
en Challenge League…
J’espère que ça ne sera pas mon cas. Honnêtement, j’étais à fond dans le
maintien, sans penser à ce que je ferai l’an prochain. Désormais, j’ai
l’esprit libre pour y penser tranquillement. Je me sens bien à Carouge,
j’ai mon travail et je suis très attaché à la région. Est-ce que ce
serait utile de traverser toute la Suisse pour jouer dans un club où je
n’ai aucun repère ? Je n’en suis pas certain…
17/05/2012
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